Mon parcours d’écrivaine de mes 6 à 23 ans

Quelle que soit la discipline, il faut bien commencer quelque part. J’ai toujours aimé les livres et l’écriture fait partie de ma vie depuis que je suis enfant. Je vous emmène donc dans un voyage temporel pour vous retracer tout mon parcours de jeune écrivaine, de mes 6 ans à mes 23 ans !

Mes premières histoires

Mes toutes premières histoires datent de mes 6 ans, donc on peut dire que j’ai commencé dès que j’ai appris à écrire ! Rédigées avec une écriture incertaine, une orthographe douteuse et d’attendrissantes maladresses stylistiques, elles tiennent sur quelques feuilles blanches A4 et sont illustrées de dessins colorés. Il y en a deux : la première (sans titre) raconte les aventures d’un détective qui suit la piste de voleurs à travers une cave secrète qui s’avère contenir des bêtes sauvages et… une piscine, allez comprendre !

La deuxième s’appelle Le Royaume assoiffé. Comme son titre l’indique, est l’histoire d’un royaume dans lequel il n’y a plus une seule goutte d’eau ; le roi décide donc de faire venir le roi et le prince d’un royaume voisin, afin de sceller une alliance et… d’avoir de l’eau, quoi. Evidemment, ça se finit avec le mariage de la princesse du royaume assoiffé et le prince du royaume voisin : on sent les influences des contes de fée et de Disney !

Visiblement, écrire une « enquête » m’a davantage plu, puisque c’est ce genre d’histoires que j’ai continué à inventer par la suite (je précise que j’étais fan de Scooby Doo, ce qui explique peut-être mon goût prononcé pour les mystères !).

Des enquêtes en rose

Je n’ai jamais particulièrement aimé le rose, pourtant un des dessins animés fétiches de mon enfance était La Panthère rose et ma peluche préférée était un singe rose (baptisé « Singe rose », ce qui est d’une originalité assez dingue). C’est donc tout naturellement que ces deux personnages sont devenus les héros d’une série d’histoires que j’ai écrites durant l’école primaire : La Panthère rose et Singe rose, détectives privés. Cette petite saga policière compte cinq récits dont je vous rapporte les titres : Le braqueur de bijouterie, L’enlèvement, Le voleur invisible, Le manoir hanté et Kidnapping à la française. J’en avais commencé une sixième, Le motard fou, qui demeurera (hélas !) inachevée.

Je me souviens que je prenais beaucoup de plaisir à écrire ces histoires. Je les faisais lire à ma famille, qui se montrait très encourageante (même si mon frère me charrie jusqu’à aujourd’hui parce que j’avais écrit « milt cheyque » au lieu de « milkshake »… pour ma défense, je n’ai commencé l’anglais qu’au collège…). En tout cas, ces histoires avaient le mérite d’être rigolotes et d’avoir des intrigues à peu près cohérentes, bien que farfelues ! Elles ont été un bon entrainement pour le projet qui devait suivre.

Mon premier roman

Tout a commencé lors d’une soirée pyjama chez une amie d’enfance. Nous devions avoir environ dix ans et nous étions toutes les deux de grandes lectrices. Je ne sais plus exactement comment ça s’est passé, mais nous avons eu l’idée d’écrire un livre ensemble. Nous aimions bien les histoires de magie (nous partagions notamment un grand amour de la saga Harry Potter), donc nous avons décidé que ce serait de la fantasy. Une idée a germé : un monde fantastique avec des clés magiques !

Petit hic : nous avons complètement abandonné le projet après cette soirée pyjama ! Ça aurait pu s’arrêter là, mais l’idée m’est restée en tête et j’ai finalement décidé d’écrire seule cette histoire. J’ai commencé à 11 ans, dans un carnet : les pages étaient blanches et, allez savoir pourquoi, j’ai moi-même tracé les lignes au lieu de me procurer un carnet qui en avait déjà (très DIY tout ça). J’avais choisi le titre « Le Royaume des 7 clefs » et j’ai presque rempli le carnet avec les 16 premiers chapitres. Et puis, au milieu du chapitre 17, en plein dialogue, je me suis interrompue. Au moment où j’écris cet article, j’ai le carnet sous les yeux et je vois que j’avais mis un tiret pour une réplique de dialogue qui est restée vide.

Pendant quelques mois, je n’ai plus écrit… mais j’ai fini par reprendre. J’ai pris un grand cahier (à carreaux, cette fois – comble du luxe !) et j’ai recopié tout ce que j’avais déjà écrit. Oui oui, j’étais déterminée ! J’ai rempli tout le cahier, j’en ai commencé un deuxième et je suis allée jusqu’au chapitre 30, cette fois ! J’ai commencé le chapitre 31 avec la réplique suivante : « Qui va là ? demanda alors une voix puissante ». Et… plus rien.

Il y a à nouveau eu une longue pause. Entre temps, j’ai pu récupérer le vieil ordinateur familial (qui fait figure aujourd’hui d’un dinosaure informatique, avec son immense tour de 8kg) et j’ai décidé de reprendre Le Royaume des 7 clefs. Puisque j’avais tout écrit à la main, j’ai dû, pour la seconde fois, tout recopier. J’avais 12-13 ans et je n’avais pas grandi avec des ordinateurs… vous voyez la scène des paresseux dans Zootopie ? C’était à peu près ça. Mais je me suis accrochée : j’ai tout retapé et j’ai poursuivi mon récit à l’ordinateur. Il parait que la 3ème fois est toujours la bonne – en l’occurrence, ce fut vrai ! Je suis allé jusqu’au bout, j’ai (enfin) fini d’écrire ce livre. Je l’ai rebaptisé « Le Pouvoir des Sept Clés« , je l’ai imprimé, fait lire à quelques membres de ma famille, mais ça s’est arrêté là.

Le Pouvoir des Sept Clés est – et restera sans doute – ce que j’appelle un « manuscrit de tiroir ». Je suppose que la plupart des auteurs en ont, surtout pour leurs œuvres de jeunesse. Je ne dis pas que tout était à jeter : il y avait de bonnes idées, des personnages sympas et un concept de base qui fonctionnait bien. En tout cas, c’est mon premier roman et j’ai beaucoup appris en l’écrivant. Je pense que c’est ce qui m’a préparée pour mon projet d’après, un projet de saga qui allait changer ma vie d’autrice en herbe.

La saga de mon adolescence

Quand j’étais au collège, c’était l’âge d’or des dystopies : les films Hunger Games faisaient fureur, Divergente et Le Labyrinthe sortaient au cinéma – bref, c’était LE genre qui marchait et que j’adorais. Alors ce n’est pas étonnant que le livre que j’aie voulu écrire à 14 ans soit une dystopie et pas étonnant non plus que j’aie eu envie de me lancer dans une saga.

J’ai commencé à écrire La Comète à 14 ans. Je me suis certainement beaucoup inspirée de tous ces films dystopiques que j’aimais tant (sans forcément m’en rendre compte d’ailleurs, et c’est une critique qu’on m’a beaucoup faite pour le tome 1 de cette saga), mais j’y ai aussi mis des choses plus intimes : mon amour de la littérature, le fait de se sentir différent des autres (sentiment très adolescent, n’est-ce pas ?), l’envie de rendre le monde meilleur… bref, j’en ai fait un roman très personnel, avec une héroïne qui incarnait tout ce que je voulais être.

Je consacrerai sans doute un article entier à cette saga pour vous raconter en détail comment je l’ai écrite, donc je ne m’étendrai pas davantage ici. En tout cas, j’ai envoyé le tome 1 à deux maisons d’édition et l’une des deux, Bayard Canada, a été intéressée. A 16 ans, j’ai signé mon tout premier contrat d’édition et le tome 1 de La Comète est paru quand j’avais 17 ans. J’ai écrit les tomes 2 et 3 qui sont parus ensuite, puis un éditeur européen (Kennes éditions), a publié et distribué la saga en Europe. J’avais réalisé mon rêve d’être publiée et j’ai eu la chance de faire plusieurs salons, interventions dans des écoles et petites dédicaces. C’était incroyable et j’avais bien l’intention de continuer !

Et après La Comète ?

Après La Comète, je voulais explorer d’autres genres littéraires. J’étais un peu sortie de ma phase « dystopie » et j’avais envie de me renouveler, d’essayer d’autres choses pour grandir en tant qu’autrice.

A 19 ans, j’ai donc écrit un roman réaliste : Bleu écarlate. C’est l’histoire d’une jeune fille et de son groupe d’amis qui mènent l’enquête dans leur lycée pour démasquer un harceleur anonyme. C’est un livre sur l’adolescence, l’amitié, la jalousie et la difficulté à se sentir à sa place. Ce roman a failli paraitre chez Kennes éditions, mais ça ne s’est finalement pas fait (c’était la période covid, c’était un peu compliqué…). Je l’ai envoyé à plusieurs maisons d’édition mais il n’a pas trouvé preneur. Je pense que c’est parce qu’il n’aborde pas forcément de thématique « grave » ou très actuelle, or j’ai l’impression que c’est le cas pour la plupart des romans young adult réalistes qui sont publiés aujourd’hui. Donc pour l’instant, bien malgré moi, Bleu écarlate est aussi un « manuscrit de tiroir ». Peut-être qu’un jour il sortira de l’ombre, nous verrons bien !

A 20 ans, j’ai commencé à écrire un autre roman : Marcher dans la nuit. Le héros de ce livre fait des rêves lucides où il évolue dans un monde merveilleux pour échapper à sa morne réalité ; c’est un livre sur le deuil, le handicap et la reconstruction, une véritable quête identitaire aux accents fantastiques. Il n’est pour l’instant pas publié non plus. C’est difficile de le « vendre » aux maisons d’édition parce qu’il est un peu inclassable : ce n’est ni vraiment réaliste ni de la fantasy, ça pourrait plaire à des ados mais aussi à des adultes… bref, c’est un OVNI, j’aime son originalité mais ça le rend dur à « marketer ».

Et maintenant ?

Je n’ai pas écrit de roman depuis Marcher dans la nuit, parce que je faisais des études très prenantes et que j’ai préféré m’y consacrer. En revanche, j’ai commencer à préparer l’écriture d’un nouveau projet dont je vous parlerai prochainement ! J’ai récemment fini mes études et je vais exercer mon métier en me laissant du temps pour l’écriture, donc les affaires reprennent !

En ce moment, je retravaille Marcher dans la nuit, afin d’obtenir la meilleure version possible du manuscrit et de le reproposer à d’autres maisons d’édition. C’est un roman dont je suis très fière et je pense qu’il mérite vraiment d’être publié, alors je veux lui donner toutes ses chances !

J’espère que vous avez aimé découvrir mon parcours de jeune écrivaine. J’avoue avoir laissé de côté quelques éléments (des nouvelles, quelques poèmes et la réécriture de la fin de Divergente – oui, c’était une vraie phase de mon adolescence !). Dites-moi en commentaire si un de mes récits vous a intrigué : je pourrai vous en dire plus ou écrire un article consacré exclusivement à ce dernier. En tout cas, ce n’est que le début, et je continuerai à vous faire part de tous mes projets sur ce blog !


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Réponse

  1. Avatar de serenantbooks

    J’adore j’adore ! J’ai beaucoup ri lors du passage sur Singe rose puisque j’avais moi-même une peluche préférée « doudou gars » avec son homologue « doudou fille » (sans surprise, un ours garçon, un ours fille). x)

    Je souhaite de tout mon cœur que Marcher dans la nuit trouve son public, il aborde une thématique qui le mérite vraiment !

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